HUG : grèves en chaîne

HUG : grèves en chaîne

Mais que se passe-t-il aux HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) ? Après les transporteur-euse-s patients le 6 octobre, après les aides-soignant-e-s le 18 octobre, voici que les nettoyeur-euse-s et les les laborant-ine-s, à moins d’un revirement toujours possible de l’employeur, dé-marreront une grève ce jeudi 10 novembre. L’élargissement inouï de ce qu’il faut bien appeler « le mouvement de réévaluation des personnels de la santé » tire son explication dans la poli-tique menée à Genève depuis de nombreuses années.

Massacre du service public

Les autorités de Genève ont voulu se rendre sympathique en diminuant les impôts, mais avec une diminution qui a surtout profité aux classes les plus favorisées. Pour équilibrer les comptes, ils ont dans un même temps pratiqué un grand nombre d’économies en taillant dans le service public. Dans le domaine de la santé, ces économies se sont traduites par une baisse des effectifs, un accroissement de la charge de travail, une externalisation des prestations et un blocage des réévaluations salariales. Sur la question des effectifs, le personnel se trouve en permanence en sous-dotation. Preuve en est, lorsque les HUG prétendent établir des services « minimums », ceux-ci sont supérieurs aux effectifs quotidiens…

Blocage des réévaluations

Pour faire patienter les employés qui demandaient à être réévalués, la stratégie de l’Etat a été de brandir des épouvantails renvoyant la question aux calendes. D’abord avec le fameux « MODSEF », le Conseil d’Etat a bloqué durant plusieurs années de nombreuses revendica-tions salariales. Ensuite, nos autorités ont changé de projet mais pas de méthode : « SCORE » est venu remplacer « MODSEF » pour justifier les gels de toute réévaluation de fonction. Le but ? Ne pas traiter les demandes et économiser, souvent sur les plus bas salaires, alors que dans un même temps l’Etat trouvait tout de même les moyens d’accorder un 14ème salaire aux plus hauts cadres de l’administration publique…

Ras-le-bol généralisé

Aujourd’hui, le personnel ne se fait plus d’illusion. Il a compris qu’il n’obtiendrait rien d’un Etat qui joue le jeu des milieux économiques et se fiche du personnel quand il ne sort pas des hautes écoles de management. Du coup, les employés ont simplement décidé de prendre leur destin en mains et d’utiliser la grève.

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